Narcisse et Goldmund de Hermann Hesse

Je crois, dit-il, qu’un pétale de fleur ou un vermisseau sur le chemin contient et révèle beaucoup plus de choses que tous les livres de la bibliothèque entière.

Contemplatif dans l’effort MBT

La randonnée est-elle en train de changer d’état d’esprit ? On peut se poser la question lorsque l’on voit certains marcheurs regarder et se préoccuper surtout des chiffres ; les kilomètres parcourus dans un temps donné, les dénivelés effectués, etc.

Personnellement, je préfère poursuivre mon bonhomme de chemin à la manière de Rousseau ou d’autres grands marcheurs ; Nietzche, Stevenson, Lanzmann, T Monod, et tant d’autres.

Le but a son importance, c’est sûr, il ne peut y avoir de pas en avant sans un objectif mais faut-il qu’il devienne performance sportive, J’en doute. Pour moi, le chemin ne se résume pas à une énumération numérique. Les merveilles que m’offre la nature lors de mon parcours ont plus de valeur qu’un nombre. Mon âme et mon corps s’imprègne plus de bonheur, de joie et de paix dans la découverte du monde que dans la souffrance physique pour un exploit quantifié. J’accepte cela pour les sportifs, cela est même leur objectif louable et je les admire. Mais pour un randonneur traditionnel est-ce vraiment nécessaire de s’enfermer dans ce genre de compétition.

Peu m’importe si je mets plus de temps et moins de distance. La beauté d’une fleur, la grâce d’un animal ou insecte, la forme d’une pierre ou rocher, la majesté d’un arbre, la fraicheur d’un ruisseau ou source, la grandeur d’un paysage, tout cela m’enthousiasme plus qu’un chiffre sur une montre ou un GPS. Pour moi, là est l’esprit de la randonnée. Éblouir mon regard, mon cœur et mon âme de toutes ces merveilles que nous révèle la nature sauvage ne peut se découvrir ou se percevoir que dans la marche contemplative et respectueuse. Une marche rythmée par nos sensations corporelles et spirituelles offre plus de bienfait holistique qu’une marche rythmée uniquement par l’expression musculaire et le numérique. Celui-ci doit rester une aide pour mieux parcourir ce monde extraordinaire.

 Franchir un col, un sommet, ne se résume pas à un dénivelé parcouru mais à l’effort qu’a fait mon corps pour avancer et par cet effort conscient prendre conscience de cette nature et en faire encore plus parti.

Je suis peut-être un randonneur dépassé par ce monde qui court de plus en plus vite et qui devient esclave des chiffres mais je préfère cela, marcher librement dans un monde libre et m’émerveiller comme un enfant que nous sommes encore au fond de nous-même.

 
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